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Younès Solhi, l’art de défendre pour mieux régner

SIRNA Antonio
8 avril 2026
SOLHI - de caen à eaubonne

Dans l’univers exigeant du jorkyball, certains joueurs marquent leur époque par leur palmarès. D’autres, plus rares, imposent une signature, une manière d’habiter le terrain. Younès Solhi appartient à cette seconde catégorie. Défenseur de métier, stratège par nature, il s’est imposé comme l’un des piliers du jorkyball français et international. À travers cet entretien, il revient sur son parcours, ses choix, et une vision du jeu forgée au plus haut niveau.

Des racines solides, entre passion et collectif

Tout commence à Caen, là où Solhi forge ses premiers souvenirs. Et déjà, l’ADN du joueur est là : collectif, fidélité et exigence.

« La victoire du titre de D2 avec mon club d’origine reste mon premier grand souvenir. On était une équipe d’amis d’enfance mêlée à des joueurs expérimentés. »

À ses débuts, rien ne laissait présager une telle trajectoire. Mais certains y croyaient déjà.

« Franck David et Cédric Seguy ont été déterminants. Ils m’ont permis de franchir mes premiers paliers. »

Très vite, Solhi trouve sa place : en défense. Un poste qu’il relie instinctivement à ses repères footballistiques.

« Cela me rappelait le rôle de milieu défensif : récupérer, organiser, anticiper. »


Nîmes, le déclic vers le très haut niveau

C’est à Nîmes que tout s’accélère. Aux côtés de joueurs expérimentés, il affine son identité et saisit une opportunité décisive.

« L’arrêt de Cédric Seguy m’a permis d’éclore. J’ai connu ma première sélection mondiale avec une équipe de légende. »

Un apprentissage express, dans un environnement d’élite, qui façonne son style : calme, réfléchi, efficace.


Lyon, la consécration et le leadership

Le passage à Lyon marque un tournant majeur. Quatre années dans un club mythique, berceau du jorkyball, où Solhi va s’imposer comme leader.

« Ce club m’a apporté des rencontres, des titres, mais aussi une expérience de management en tant qu’entraîneur-joueur. »

Une double casquette exigeante, mais révélatrice de son influence.

« Être nommé coach m’a donné une légitimité pour prendre des décisions difficiles. »

Les résultats suivent : régularité, domination, et titres à la clé. Parmi les souvenirs forts :

  • Le doublé D1/D2 du club

  • Un match épique contre Montpellier

  • Une dynamique où Lyon truste les premières places


Savoir partir au bon moment

Quitter Lyon n’a pas été anodin. Mais fidèle à sa lucidité, Solhi assume pleinement.

« Le changement était devenu inéluctable. Le club avait besoin d’un nouveau souffle. »

Une décision difficile, mais sans regret.

« Je referais ce choix sans hésiter. »


Anglet, l’adaptation express

Son passage éclair à Anglet démontre une autre facette : sa capacité d’adaptation.

« Une expérience très enrichissante, même si on aurait pu aller plus loin. »

Surnommé avec humour le « Xavier Gravelaine du jorky », il revendique cette capacité à performer rapidement dans différents contextes.


Eaubonne, transmettre et structurer

Aujourd’hui à Eaubonne, Solhi endosse à nouveau un rôle clé : celui de pilier.

« Mon objectif est de limiter l’incertitude pour les joueurs et d’anticiper toutes les situations. »

Plus qu’un leader, il devient un facilitateur de performance, au service du collectif.


Le maillot bleu, au sommet des émotions

Porter l’équipe de France reste une fierté intacte.

« Être ambassadeur de son pays donne une responsabilité particulière. »

Dans les grandes compétitions, la pression est constante.

« La France est toujours l’équipe à battre. Chaque erreur se paie immédiatement. »

Mais c’est aussi là que naissent les plus grands moments.


Le but contre l’Espagne : l’instant éternel

Il y a des gestes qui définissent une carrière. Celui inscrit en finale de Coupe du monde face à l’Espagne en fait partie.

« Je cherchais une solution… et j’ai vu le but vide. Je ne pensais pas que le ballon partirait aussi parfaitement. »

Un moment suspendu, décisif, gravé à jamais.

« Réussir ce geste sur une balle de match mondiale… forcément, ça marque. »


Le style Solhi : défendre, penser, décider

En trois mots, il se définit :

« Calme, altruiste et pugnace. »

Mais son rôle dépasse largement la défense.

« Aujourd’hui, un défenseur doit aussi être au cœur du jeu. Les arrêts ne suffisent plus. »

Sa vision s’inscrit dans l’évolution du jorkyball : plus rapide, plus physique, mais parfois moins tactique selon lui.


Un regard lucide sur son sport

Solhi ne cache pas ses inquiétudes sur le développement du jorkyball.

« C’est un sport qui mérite mieux. Il manque d’exposition, de moyens et de jeunes. »

Mais reste optimiste :

« Il y a de la matière. La jeunesse sera la clé. »


Transmission et héritage

À la nouvelle génération, il adresse un message clair :

« Le talent ne suffit pas. Il faut travailler, comprendre le jeu, et ne jamais rien lâcher. »

Quant à son héritage :

« J’aimerais qu’on retienne un joueur d’équipe, constant, qui a appris et transmis. »


Un palmarès à la hauteur du joueur

Younès Solhi, c’est aussi :

  • 5 Championnats de France

  • 5 Coupes de France

  • 1 Ligue des Champions

  • 3 Championnats du monde des clubs

Avec l’équipe de France :

  • 7 Coupes du Monde

  • 1 Coupe d’Europe


Conclusion : plus qu’un joueur, un repère

À mesure que sa carrière approche de son crépuscule, une question demeure : restera-t-il dans le jorkyball ?

« C’est possible… mais tout est une question d’équilibre. »

Quoi qu’il en soit, Younès Solhi a déjà laissé une empreinte profonde. Celle d’un joueur cérébral, d’un leader discret, et d’un défenseur qui aura su faire basculer les matchs… et parfois, l’histoire.

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