Damien Joste: Du sacre canadien au défi français : le tournant d'un sélectionneur

C’est un tournant majeur pour l’équipe de France féminine de Jorkyball. Alors qu’il semblait destiné à poursuivre l’aventure avec les sélections canadiennes masculine et féminine, leur ancien coach prend finalement la direction des Bleues.
Une nomination officialisée qui marque le début d’un nouveau cycle avec un objectif clair : aller chercher le titre mondial… au Canada.
Une aventure canadienne riche en succès
Sollicité en septembre 2024 pour prendre en charge l’équipe masculine canadienne, le technicien voit rapidement sa mission s’élargir aux féminines, à seulement six à sept semaines du World Trophy.
Le pari est immédiatement gagnant : troisième place pour les hommes et surtout sacre historique pour les femmes. Une performance inédite puisque, pour la première fois dans l’histoire du Jorkyball, une équipe étrangère à la France remportait le titre mondial féminin.
Fort de cette réussite, l’aventure se prolonge en 2025 avec davantage de préparation. Le travail débute dès janvier, principalement à distance, avant un déplacement au Canada en mai puis la grande échéance de juillet.
Les résultats confirment la dynamique : les hommes progressent avec une troisième place mondiale après une quatrième place en 2024, tandis que les Canadiennes conservent leur couronne mondiale avec un deuxième titre consécutif.
« Pour moi, cela a permis de valider une méthode de travail, une approche et ce que je considère être la bonne méthode pour performer », explique-t-il.
Une séparation aux versions divergentes
Naturellement, les deux parties envisagent de repartir ensemble pour la saison 2026, avec en ligne de mire les Championnats du monde organisés… au Canada.
Mais après quelques mois de pause nécessaires pour souffler et reconstruire, la reprise ne se passe pas comme prévu.
« La mayonnaise n’a pas repris comme on l’aurait souhaité », résume-t-il.
Du côté féminin, le début de la collaboration est sans cesse repoussé avant qu’en mars 2026, Jorkyball Canada annonce la fin de la collaboration. Deux semaines plus tard, la même décision tombe pour l’équipe masculine.
Le coach tient à préciser un point essentiel :« La fin de la collaboration est à l’initiative de Jorkyball Canada. »
Une version qui contraste avec celle avancée par le président Alex Perrault, qui évoque avant tout des contraintes structurelles :« C’est une question de distance. À long terme, c’est difficile de garder le rythme. La communication devient plus compliquée, avec en plus la différence culturelle. Cela demandait énormément d’énergie des deux côtés, et nous avons mutuellement décidé de nous séparer. »
Derrière ces discours, une réalité semble s’imposer : si la distance et l’exigence du projet ont pesé, la décision finale est bien venue de la fédération canadienne, mettant un terme à une collaboration pourtant couronnée de succès.
Sans amertume, le technicien préfère retenir l’essentiel :« Ce sont des gens qui m’ont fait confiance, qui m’ont donné toutes les possibilités pour bien travailler. Je ressors de tout ça avec beaucoup de reconnaissance et de gratitude. »
Cap sur l’équipe de France féminine
Libre de tout engagement, il entre rapidement en contact avec la Fédération française de Jorkyball. Les discussions aboutissent rapidement et débouchent sur sa nomination à la tête de l’équipe de France féminine.
Un nouveau défi immense l’attend : détrôner… le Canada.
« Aujourd’hui, je suis complètement tourné vers ce nouveau projet avec un énorme challenge : tenter de devenir champion du monde sur les terres canadiennes. »
La mission s’annonce particulièrement difficile. Les Canadiennes sont doubles championnes du monde en titre et évolueront à domicile.
Mais le nouveau sélectionneur croit pleinement en son groupe.
« On a un groupe de quatre filles déterminées, motivées et ambitieuses. À moi de les accompagner et d’apporter ce que je peux en termes d’expérience, de savoir-faire et de préparation. »
Aucun esprit de revanche
S’il retrouvera forcément sur sa route son ancienne sélection, l’intéressé refuse toute idée de revanche personnelle.
« Je fais cela sans aucun esprit de revanche. Aujourd’hui, je suis 100 % focus sur ma mission et sur la confiance qui m’a été accordée. »
Pour lui, diriger l’équipe de France représente avant tout « un privilège, un honneur et une responsabilité ».
Désormais, une seule obsession l’anime : ramener le titre mondial aux Bleues.


