Une journée historique : Valenciennes conserve sa couronne au terme de playoffs renversants

Le 13 juin 2026 restera sans doute comme l’une des journées les plus riches et mouvementées de l’histoire du Jorkyball français. Entre exploits, surprises, scénarios improbables, polémiques et démonstrations de courage, les playoffs et play-downs ont offert un spectacle total jusqu’au sacre final de Valenciennes.
Champagne-Au-Mont-d'Or craque au bout de l’effort
La première demi-finale opposait Champagne à Eaubonne dans un duel qui semblait pourtant favorable aux Champenois. Deuxièmes du classement durant la majeure partie de la saison, les hommes de Champagne devaient cependant composer avec une équipe fortement diminuée. En l’absence de Karim Sherani, Fabien Lions et Antoine Ianunzio ont dû disputer l’intégralité de la rencontre à seulement deux joueurs.
Face à eux, Eaubonne avait fait le déplacement avec cinq joueurs, disposant ainsi de rotations précieuses dans une rencontre qui allait s’étirer jusqu’au cinquième set.
Pourtant, le début de match semblait annoncer une qualification de Champagne. Fabien Lions et Antoine Ianunzio infligeaient un sévère 7-1 à leurs adversaires dans le premier set. Mais au fil des échanges, la fatigue s’est progressivement installée. Fidèle à sa réputation de compétiteur infatigable, Fabien Lions a continué à tout donner sur le terrain, mais l’usure physique a fini par peser lourd dans les moments décisifs.
Eaubonne a alors inversé la dynamique avant de s’imposer lors d’un cinquième set à sens unique remporté 7-1, arrachant ainsi son billet pour la finale.
Valenciennes bousculé mais toujours debout
Dans l’autre demi-finale, Valenciennes retrouvait Anglet dans une opposition entre le leader incontesté de la saison régulière et le quatrième du classement.
Les Nordistes avaient de quoi être méfiants face à Laurent Camiade, toujours aussi impressionnant offensivement. Cette prudence s’est révélée justifiée puisque Valenciennes a concédé le premier set.
Mais comme souvent cette saison, le collectif valenciennois a su réagir avec maîtrise. Plus solide dans les moments importants, le champion en titre a remporté les trois manches suivantes pour valider sa place en finale et poursuivre sa série d’invincibilité.
Une finale à couper le souffle
La finale entre Valenciennes et Eaubonne a tenu toutes ses promesses et restera comme l’un des grands matchs de cette saison 2025-2026.
Eaubonne frappait le premier en remportant le set initial 7-5 avant que Valenciennes ne réponde immédiatement avec un succès 7-4 dans la deuxième manche. Les Franciliens reprenaient ensuite l’avantage grâce à un troisième set parfaitement maîtrisé (7-3), plaçant alors le champion en titre au bord du précipice.
C’est alors que Valenciennes a démontré toute sa force de caractère.
Le quatrième set a offert l’un des tournants majeurs de la soirée. Menés et sous pression, les Nordistes ont trouvé les ressources pour revenir dans la partie grâce notamment à un Cédric Lavallée incandescent. Auteur de quatre réalisations dans cette manche, il a porté son équipe dans une remontée spectaculaire conclue sur le score de 7-6.
Tout s’est donc joué dans un cinquième set décisif.
Alors que la tension atteignait son maximum, Valenciennes a dû faire face à un nouveau coup du sort. Victime d’une violente crampe au mollet, Alexandre Sirna a été contraint de céder sa place. Fabien Kadziolka est alors entré en jeu dans un contexte extrêmement délicat.
Loin de déstabiliser les Valenciennois, cet incident a renforcé leur solidarité. Kadziolka a immédiatement répondu présent tandis qu’Artur Palasz prenait feu offensivement. Auteur de quatre buts dans cette dernière manche, dont les trois derniers points de son équipe, il a définitivement fait basculer la rencontre. Valenciennes s’est envolé vers une victoire 7-2 dans l’ultime set pour s’imposer trois manches à deux après plus de 113 minutes de combat.
Le doublé national et désormais le rêve du grand chelem
Symbole de cette finale, Alexandre Sirna a été désigné MVP de la rencontre avec six buts inscrits malgré sa sortie forcée en fin de match.
Après avoir remporté la Coupe de France il y a un mois, Valenciennes conserve son titre de champion de France et réalise un nouveau doublé majeur. Une performance qui vient récompenser une saison régulière parfaite, conclue sans la moindre défaite.
Au-delà du trophée, cette victoire confirme surtout la force collective d’un groupe soudé capable de surmonter les difficultés, les blessures et les scénarios les plus défavorables.
La saison nationale est désormais terminée, mais un dernier défi d’envergure attend les champions de France. Dans trois semaines, Valenciennes s’envolera pour le Canada afin de disputer la Coupe du monde des clubs.
L’objectif est désormais clairement affiché : réaliser le grand chelem et inscrire définitivement cette génération valenciennoise parmi les plus grandes de l’histoire du Jorkyball français.
Eaubonne, si proche de l’exploit
Si Valenciennes soulève finalement le trophée, Eaubonne restera comme l’une des grandes révélations de la saison.
L’équipe francilienne a connu une progression spectaculaire depuis la Coupe de France d’octobre 2025 où sa phase de poules avait laissé planer de sérieux doutes sur ses ambitions. Porté par son leader et champion du monde Younès Solhi, autour duquel les compositions ont été construites toute la saison, le club a progressivement trouvé sa pleine mesure jusqu’à atteindre une finale nationale inattendue.
Et pourtant, Eaubonne est passé tout près de réaliser l’exploit.
Alors qu’ils menaient deux sets à un dans cette finale, les Franciliens ont même bénéficié de deux balles de match dans le quatrième set. Le moment le plus marquant intervient à 6-6. Sur un retour en zone cadrée, Younès Solhi obtient un coup franc qui aurait pu offrir le titre à son équipe. Mais Alexandre Sirna réalise alors l’intervention décisive de la soirée en stoppant la tentative du champion du monde. Quelques instants plus tard, le Valenciennois crucifie Eaubonne sur un tir direct et offre le set aux siens.
Ce tournant a sans doute changé le destin de la finale.
Car après avoir laissé échapper cette occasion unique, Eaubonne n’a jamais véritablement retrouvé son élan dans le cinquième set. Les visages à la fin de la rencontre traduisaient toute la douleur d’une équipe consciente d’être passée à quelques centimètres du plus grand exploit de son histoire.
Les larmes de Julien Brutto ont particulièrement marqué les esprits. Déjà vainqueur de la Coupe du monde des clubs avec Champagne-au-Mont-d’Or, il espérait ajouter un nouveau titre majeur à son palmarès sous les couleurs d’Eaubonne. À ses côtés, Damien Joste, auteur d’une finale remarquable, affichait lui aussi une immense déception.
L’image la plus forte reste peut-être celle du président Julien Jeannet, effondré au coup de sifflet final. Lui qui rêvait de soulever la première Coupe de champion de France de l’histoire du club a vu ce rêve s’échapper alors qu’il semblait à portée de main.
La frustration sera certainement immense pendant encore longtemps. Mais malgré cette issue cruelle, Eaubonne a gagné quelque chose de précieux : la certitude d’appartenir désormais au cercle des prétendants aux plus grands titres du Jorkyball français.
Lille signe l’exploit des Play-Down
Si Valenciennes a confirmé son statut chez les favoris, la plus grande performance des Play-Down est sans aucun doute venue de Lille.
Avant cette ultime journée, les Nordistes occupaient l’avant-dernière place du classement général et voyaient la menace de la relégation se rapprocher dangereusement. Mais le retour de l’international polonais Piotr Slimak a totalement changé la physionomie de l’équipe.
Véritable leader sur le terrain, Slimak a porté les siens vers deux victoires décisives et a été désigné MVP lors des deux rencontres.
La première victoire obtenue face à Avignon a permis à Lille d’assurer son maintien parmi l’élite. Libérés de cette pression, les Lillois ont ensuite réalisé une nouvelle performance de premier plan en dominant Lyon, pourtant favori sur le papier.
Grâce à ce parcours parfait lors des Play-Down, Lille termine finalement à une remarquable cinquième place. Une remontée spectaculaire qui semblait encore improbable quelques jours auparavant et qui leur garantit une nouvelle saison en Division 1.
Avignon sauvé au bout du suspense, Perpignan relégué
L’autre enjeu majeur concernait la lutte pour le maintien entre Avignon et Perpignan.
Après sa défaite contre Lille, Avignon n’avait plus le droit à l’erreur. Les Avignonnais ont alors livré une bataille acharnée face à Perpignan dans une rencontre extrêmement disputée.
Les deux équipes se sont rendu coup pour coup jusqu’à un cinquième set décisif. Dans une atmosphère irrespirable, c’est finalement l’attaquant Kriz qui a délivré les siens en inscrivant le but de la victoire.
Ce succès 3 sets à 2 permet à Avignon de conserver sa place en Division 1 de justesse. À l’inverse, Perpignan réalise la mauvaise opération de cette fin de saison et voit son aventure dans l’élite prendre fin avec une relégation en Division 2.


