Pères, fils et frères : ces familles qui marquent le jorkyball français.

Dans l’univers du jorkyball, il existe une autre dimension, plus intime et profondément humaine : celle des liens familiaux. Pères et fils, frères, parfois adversaires mais toujours complices, ils partagent bien plus qu’un terrain. Ils partagent une histoire, une transmission et une fierté qui donnent à ce sport une saveur particulière.
Valenciennes, l’exemple emblématique
Impossible d’évoquer le jorkyball familial sans citer Valenciennes. Le club nordiste est sans doute le symbole le plus fort de cette tradition. On y a vu un père Antonio SIRNA évoluer dans le club aux côtés de ses deux fils Giuseppe et Alexandre, aussi bien en championnat de France qu’en championnat du monde, notamment lors de l’épreuve organisée au Canada. Une situation rare, presque unique, où l’expérience du père se mêlait à l’énergie et à l’audace de la jeunesse.

Alexandre SIRNA, international français et Giuseppe SIRNA, international italien
Sur le terrain, la relation familiale s’efface au profit de l’exigence sportive. Les consignes sont franches, parfois dures, et les émotions décuplées. Mais à la fin du match, la fierté reprend toujours le dessus : celle d’avoir porté ensemble les mêmes couleurs et d’avoir vécu des moments que peu de familles peuvent connaître.
La transmission père-fils
Cette transmission, on la retrouve aussi avec Champagne ou encore François Aldeguer, qui a eu l’opportunité de jouer avec son fils Richard. Dans ces duos père-fils, le jorkyball devient un langage commun. Le père transmet les bases, la lecture du jeu, la gestion des temps faibles. Le fils apporte souvent la vitesse, la créativité et parfois une remise en question salutaire.
À Montpellier, Éric Petit et son fils Lucas incarnent parfaitement cette continuité générationnelle. Évoluant dans le même club, ils montrent que le jorkyball n’est pas seulement une affaire de performance, mais aussi de valeurs : respect, travail et passion partagée.
Et bien d'autres encore dans le passé comme Guillaume Moerman et ses deux fils Thomas et Corentin, Olivier Budet et son fils Romain, Hervé Bourelly et son fils Tristan, Grégory Bécue et son fils Thomas au nouveau club de Hasnon et sans oublier Yann Decle et son fils Théo.
Frères de jeu, frères de sang
Les relations fraternelles offrent encore une autre dynamique. À Perpignan, Thomas et Mathieu Romero évoluent actuellement ensemble en deuxième division. Entre frères, la complicité est souvent instinctive : un regard suffit, une intention est comprise avant même que le ballon ne parte.
Mais cette proximité peut aussi rendre les choses plus complexes. Les reproches sont parfois plus directs, les tensions plus vives. Pourtant, cette exigence mutuelle est souvent un moteur, poussant chacun à se dépasser pour ne pas décevoir l’autre.

A gauche, Thomas ROMERO, à droite, son frère Mathieu.
Le regard d’une maman
Derrière la complicité évidente de Thomas et Mathieu Romero sur le terrain, il y a le regard fier de leur mère, Corinne.
« Voir mes fils jouer ensemble est une immense fierté. Je les ai suivis dès que j’ai pu, en déplacement ou devant la télévision. Leur titre mondial en Pologne chez les moins de 35 ans restera un moment inoubliable. Quand je vois leur complicité et les titres remportés, je me dis que j’ai réussi mon rôle de maman. »
Découvrant le jorkyball avec Thomas, puis Mathieu deux ans plus tard à l’ Association Jorkyball Perpignan (ASJP), Corinne n’imaginait pas au départ un tel parcours. « Mais très vite, c’est devenu une évidence qu’ils jouent ensemble. Ils ont toujours été complices, et le sport a encore renforcé leurs liens. »
Entre émotion et passion, elle l’assume avec le sourire : « Pendant les matchs, la maman prend souvent le dessus sur la supportrice… même si les deux vont très bien ensemble. »
Un mot pour résumer cette aventure ? « Maman comblée. Et vive l’ASJP ! »
Les frères Sirna, de l’union à la séparation sportive
Le parcours des frères Sirna illustre parfaitement l’évolution de ces liens dans le temps. Ensemble à Valenciennes, ils ont marqué l’histoire en remportant la Coupe du monde junior en 2018 au Canada et vice-champions du monde des clubs en 2023 en Pologne. Un souvenir fondateur, gravé à jamais, symbole d’une réussite partagée.
Aujourd’hui, leurs chemins sportifs se sont séparés : Giuseppe évolue à Lille tandis qu’Alexandre est resté fidèle à Valenciennes. Adversaires potentiels, ils restent néanmoins unis par ce passé commun et par cette formation familiale qui continue de guider leurs carrières respectives.
Une fierté au-delà des résultats
Pour un père, être sur le même terrain que son fils ou simplement le voir évoluer au plus haut niveau reste une source de fierté incomparable. Peu importe le score ou le classement, l’essentiel est ailleurs : dans ces moments partagés, dans cette passion transmise et dans ces souvenirs construits ensemble.
Le jorkyball, sport exigeant et spectaculaire, se révèle ainsi aussi être un formidable lien intergénérationnel. Derrière les parois translucides et l’intensité des matchs, il raconte des histoires de famille, de transmission et de passion. Et c’est sans doute là l’une de ses plus belles victoires.


