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Dentiste le matin, joueur de Jorkyball le soir : ces doubles vies qui font grandir un sport

SIRNA Antonio
5 avril 2026
Dentiste

Dans une salle aux parois en plexi, le bruit sourd de la balle résonne. Ici, pas de tribunes bondées ni de contrats professionnels mirobolants. Pourtant, sur le terrain, l’engagement est total.

Les joueurs de Jorkyball qui s’affrontent ont un point commun : une passion dévorante pour ce sport atypique. Mais une fois sortis de la cage, chacun retrouve une autre réalité. Dentiste, proviseur de collège, ingénieur, candidat aux élections municipales… Portraits de joueurs aux doubles vies assumées.

Un sport confidentiel, des profils inattendus

Le Jorkyball, discipline née dans les années 1980, reste encore méconnu du grand public. Pourtant, derrière cette confidentialité se cache une richesse humaine singulière. Comme d’autres sports, il rassemble des pratiquants issus de tous horizons socioprofessionnels.

À 30 ans, Adrien Beauchamp, joueur de D1 à Lille , chirurgien-dentiste dans la vie civile, en est l’exemple parfait.

« Mon cabinet ferme à 18h, à 19h je suis dans la cage. C’est un sas de décompression total. Pendant deux heures, je ne pense plus à rien d’autre qu’à la balle et à mon partenaire. »

Même réalité pour Valentin Haudegand, joueur de D1 à Lille et banquier au sein du groupe BNP Paribas, qui jongle entre exigences financières et compétition sportive.

" Je ne connaissais ni la banque, ni le jorkyball au départ. Dans les deux cas, il faut apprendre des règles et s'y adapter. Et même si je travaille seul dans un bureau, il y a toujours un vrai travail d'équipe derrière "

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Même discours chez Yannick Rannou joueur de D1 à Perpignan, principal dans un collège, habitué à gérer conflits et responsabilités.

« Le Jorkyball m’aide énormément dans mon métier. Sur le terrain, on apprend la prise de décision rapide, la communication claire, le respect de l’autre. Ce sont exactement les mêmes valeurs que je défends dans mon établissement. »

Performance, exigence et rigueur.

Loin de l’image d’un simple loisir, le Jorkyball demande une rigueur presque professionnelle. Entraînements réguliers, préparation physique, analyse tactique… Les joueurs jonglent entre contraintes professionnelles et exigences sportives.

Grégory Bécue, joueur de D3 à Hasnon et ingénieur dans l’industrie, y voit même une continuité :
« Mon métier m’a appris la précision et l’anticipation. Sur le terrain, chaque angle compte, chaque rebond se calcule. Finalement, je n’ai pas l’impression de changer de monde. »

Dans un tout autre secteur, François Aldeguer, joueur de D3 à Champagne, mène de front sa passion sportive et la gestion de son établissement, le restaurant Le Rectoriat.

Parmi ces profils, certains partagent même une aventure familiale et professionnelle. Giuseppe et Alexandre Sirna, respectivement joueurs de D1 à Lille et à Valenciennes, sont frères et travaillent ensemble dans la construction de bâtiments industriels.
« On passe nos journées ensemble au bureau, et souvent nos soirées sur le terrain. Le Jorkyball, c’est notre terrain d’entente autant que notre terrain de jeu », confient-ils.

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Cette exigence partagée explique sans doute la longévité de nombreux joueurs, capables de maintenir un haut niveau malgré des semaines bien remplies.

Quand le Jorkyball devient engagement citoyen

Parfois, le sport dépasse le cadre personnel. Max-Pol Chapelle, joueur de D1 à Lyon, est maire d' Echalas.

« Le Jorkyball m’a appris l’engagement collectif. On ne gagne jamais seul. Cette mentalité, je veux l’apporter dans la vie publique. »

À travers lui, c’est aussi une autre image du sport qui s’impose : un espace de socialisation, d’éducation et de transmission de valeurs citoyennes.

Un atout pour l’image du Jorkyball

Ces parcours singuliers constituent une force pour le Jorkyball. Ils montrent un sport accessible, structurant, compatible avec une vie professionnelle exigeante. Un sport qui attire des femmes et des hommes engagés, passionnés, souvent moteurs dans leur environnement personnel et professionnel.

Dans une époque où le sport est parfois réduit à sa dimension économique, ces joueurs rappellent une vérité simple : la passion, l’équilibre et l’engagement restent les véritables moteurs de la performance.

Dans la cage comme dans la vie, ils jouent collectif.

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