Antonio Sirna, le nouveau défi du Jorkyball féminin

Après six années passées sous la responsabilité d’Estelle Dameron, le secteur féminin du Jorkyball change de visage. Antonio Sirna prend désormais les commandes avec une ambition claire : relancer un championnat féminin et offrir aux joueuses une véritable compétition dédiée.
Le défi qui attend Antonio Sirna est de taille. Après six saisons durant lesquelles Estelle Dameron a assuré la responsabilité du secteur féminin, le nouveau responsable devra remettre sur les rails un championnat féminin qui n’a plus été organisé par la FJF.
Pourtant, Antonio Sirna ne part pas totalement d’une page blanche. Cela fait maintenant deux ans qu’il travaille sur ce projet. À l’époque, alors qu’il est déjà président de Valenciennes Jorkyball, il avait pris l’initiative de recruter des joueuses et de constituer des équipes afin de présenter à la fédération un projet de championnat féminin.
Son objectif était notamment de permettre aux joueuses valenciennoises de disposer de leur propre compétition. Certaines ne souhaitaient pas intégrer la troisième division, alors mixte. L’idée d’un championnat exclusivement féminin devait donc répondre à une véritable attente.
La Women International Master comme laboratoire
Face au refus de la fédération de lancer le championnat à ce moment-là, Antonio Sirna n’a pas abandonné son projet. Pour conserver les joueuses et les équipes qu’il avait réussi à mobiliser, il a créé la Women International Master (WIM).
Cette compétition a permis de donner une première réalité à son projet en réunissant plusieurs formations, avec notamment la participation d’une équipe canadienne et d’une équipe polonaise.
L’expérience s’est révélée particulièrement intéressante. La saison suivante, la WIM a notamment été remportée par Saint-Léonard-d’Aston, formation canadienne, démontrant qu’une compétition féminine internationale pouvait trouver son public français et proposer un niveau sportif intéressant.
Mais malgré ces résultats encourageants, la compétition n’a pas été reconduite. La saison dernière, le Jorkyball féminin s’est donc retrouvé sans championnat.

Pour Antonio Sirna, il faut désormais tout reconstruire.
Repartir à la conquête des joueuses et des clubs
La mission du nouveau responsable sera donc autant sportive qu’organisationnelle. Il faudra convaincre des clubs, recruter des joueuses et surtout parvenir à créer un nombre suffisant d’équipes pour donner au championnat une véritable crédibilité.
Antonio Sirna dispose néanmoins d’une expérience concrète du terrain et d’un réseau construit au cours des deux dernières années. Son travail autour de la WIM lui a permis d’identifier des joueuses et des structures susceptibles de participer à une nouvelle aventure.
À ses côtés, le secteur féminin pourra également compter sur des joueuses de premier plan. Asma Ragouba, récemment sacrée championne du monde, représentera notamment un atout majeur pour cette nouvelle dynamique.
Un vivier plus important pour les Bleues
Cette relance du championnat féminin ne pourra également que réjouir Damien Joste, sélectionneur de l’équipe de France féminine. La création d’une compétition régulière permettrait en effet d’élargir considérablement son vivier de joueuses.
Avec davantage de rencontres et de joueuses engagées dans une compétition nationale, le sélectionneur disposerait de davantage d’options pour observer les talents, suivre leur progression et composer ses futures sélections. Un championnat féminin structuré pourrait ainsi devenir un véritable réservoir pour l’équipe de France et renforcer, à terme, le niveau des Bleues sur la scène internationale.
Le Mondial au Canada comme source d’inspiration
Antonio Sirna veut croire que le contexte est aujourd’hui plus favorable. Le récent championnat du monde organisé au Canada lui a notamment permis de mesurer le potentiel du Jorkyball féminin et de réfléchir aux moyens de le développer.
Son ambition est simple : faire du championnat féminin une véritable vitrine pour les joueuses.
Il est convaincu qu’en donnant aux féminines la possibilité de pratiquer régulièrement le Jorkyball dans un championnat qui leur est dédié, certaines pourraient rapidement se révéler. Une saison pourrait suffire pour permettre à de nouvelles joueuses de se faire remarquer et de s’imposer dans le paysage du Jorkyball.
Le pari d’Antonio Sirna est donc lancé. Deux ans après avoir imaginé une première structure avec la WIM, il dispose désormais d’une nouvelle responsabilité pour tenter de transformer cette expérience en championnat durable.
Reste maintenant le plus difficile : convaincre les clubs, recruter les joueuses et faire vivre la compétition.
Le Jorkyball féminin a une nouvelle chance de repartir. Antonio Sirna entend bien la saisir.


